Holy motors, un bien bel hommage au 7e art

Ces derniers temps, je n’ai pas eu beaucoup le loisir d’aller au cinéma ou au théâtre. Je n’ai quand même pas manqué d’aller voir Holy Motors, dernier film de Leos Carax, qui a fait grand bruit à Cannes. S’il n’a pas été récompensé en compétition officielle, la critique a salué avec un certain enthousiasme ce nouvel objet cinématographique. Si j’ai recours au terme d’objet c’est que bien qu’il y ait une narration, elle n’a rien de conventionnel et il m’a semblé qu’Holy Motors était avant tout une illustration de « l’art pour l’art », cette désormais célèbre doctrine de Théophile Gautier.

J’avoue que si j’ai d’abord été prise au dépourvu par l’absence d’une narration classique (un héros à qui il arrive tout de sorte d’aventures mais dont on voit l’évolution d’un point A à un point B et le changement de situation), j’ai très vite été emballée par cet ode au 7è art. Rien ne sert d’essayer de comprendre la vie de M. Oscar, ni ses vies, ce qui compte c’est d’apprécier le travestissement et la performance. Ce que nous donne à voir Leos Carax c’est le cinéma, tant par la mise en scène de son film, qui témoigne d’une recherche aiguë du Beau, que par la performance artistique de Denis Lavant, qui n’interprète pas moins de neuf personnages différents.

Holy Motors est un film éminemment personnel, une sorte de manifeste du cinéma vu par Carax. Ouvrant lui-même le film dans le personnage d’un dormeur éveillé par les sons d’une salle de cinéma, puis passant le témoin à son acteur fétiche à qui il va faire incarner les personnages « types » du cinéma (renouant dans une vision moderne avec les temps lointains de la Comedia dell’Arte), il nous livre son témoignage et sa vision de cet univers.

Voir Holy Motors, c’est accepter de ne pas comprendre d’abord puis courir après les symboles, les ponts jetés entre Leos Carax, son travail cinématographique, l’histoire du cinéma (du muet à l’incrustation d’images numériques) et l’hommage à la profession d’acteur, poussée à son paroxysme.

Voilà donc une œuvre lyrique et baroque, un témoignage qui fera date dans l’histoire du cinéma et qui aurait surement mérité une distinction à Cannes.

Pour aller plus loin, quelques critiques plus professionnelles que la mienne dans Les inrocks et Libé !

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